Test : Final Cut Studio 4.0

Publié le 27 octobre 2009 , par Tanguy Andrillon - mis à jour le 21 décembre 2009 à 10h - dans Mac - Mots clés : Apple, test

La suite Final Cut Studio 4.0 regroupe cinq logiciels phares : Final Cut Pro 7.0, Compressor 3.5, Soundtrack Pro 3.0, Color 1.5 et Motion 4.0. Elle est destinée aux professionnels de l'image et prend en charge la quasi-totalité de la chaine de production audiovisuelle.

Cela fait maintenant deux ans qu'Apple a lancé Final Cut Pro 6.0. Aujourd'hui, la nouvelle version 7.0 arrive avec son lot de nouveautés comme les nouveaux codecs ProRes, la collaboration via iChat Theater et le nouveau module d'exportation et met l'accent sur la stabilité, la vitesse d'exécution et la productivité.

Les nouveaux codecs ProRes

ProRes est un format de compression avec très peu de pertes pour les vidéos haute définition utilisé dans la Post Production. Développés par Apple, les premiers codecs ProRes ont été introduits en 2007 avec Final Cut Pro 6.0. La nouvelle version de Final Cut Pro adopte de nouvelles variations des ProRes : le ProRes 4444, destiné aux flux de production numérique et au composting en très haute définition, le ProRes 422 (LT), pour les projets simples avec une taille de fichier réduite tout en conservant une qualité professionnelle, et le ProRes 422 (Proxy), pour le montage sur un MacBook ou MacBook Pro.

Ces trois nouveaux codecs ProRes complètent les deux déjà existants : le ProRes 422, pour l'édition de fichier, et le ProRes 422 (HQ), pour la finalisation des flux en qualité HD.

Le codec ProRes 4444 est réservé aux flux de très haute qualité (HDCAM SR, Redcode) ou pour une meilleure qualité sous Final Cut Pro ou encore avec d'autres programmes. Le ProRes 4444 supporte l'espace de couleur Y'CbCr ou encore le RBG en 4:4:4 avec une précision de 12 bits par pixel. Vous l'aurez remarqué, le ProRes 4444 comporte un quatre supplémentaire. Ce dernier quatre est pour la couche alpha qui gère la transparence de l'image encodé sur 10 bits par pixel. Le codec ProRes 4444 affiche un débit maximal de 330 Mbit/s en 1080i à 60 ips, sans la couche alpha. Cette dernière est encodée avec un débit variable qui n'engendre aucune perte de qualité. Pour information, un flux 12 bits 4:4:4 non compressé atteint une bande passante de 2 237 Mbit/s.

Si vous appréciez déjà le codec ProRes 422, vous tomberez forcément sous le charme du nouveau ProRes 422 (LT). Il offre quasiment les performances en terme de compression alors qu'il utilise beaucoup moins de bande passante. Dans la pratique, le ProRes 422 est adapté aux équipements exploitant des flux de 100 Mbits comme la caméra Panasonic DVCPRO HD (DV100) et les derniers modèles AVC-Intra. Ce matériel peut également monter jusqu'à 145 Mbits en 1080i à 60 ips, une augmentation de la bande passante de presque 50% qui peut être problématique lors des manipulations. Le ProRes 422 (LT) permet de diminuer la bande passante tout en maintenant une qualité adéquate (10 bits, pleine résolution, couleur 4:2:2). Ce codec s'impose pour tous les travaux courants comme les actualités, le sport et vous ne constaterez pas de baisse de qualité.

Le codec ProRes 422 (Proxy) a une double personnalité. Il peut être utilisé pour la publication de flux sur Internet et également pour l'édition sur un MacBook. Le ProRes 422 (Proxy) conserve toutes les images, une définition en 10 bits, les couleurs 4:2:2, mais avec une compression plus importante. La bande passante tombe à 45 Mbits pour une vidéo en 1080i en 60 ips. Conséquence, un flux d'une heure pèse environ 20 Go, soit deux fois moins que le format DV, tout en conservant une pleine résolution HD, les couleurs et la définition. Evidemment, le rendu visuel est inférieur aux autres codecs ProRes ou même le DVCPRO HD, mais il est justement destiné à l'édition "sur le pouce". Pour cet usage spécifique, vous n'avez pas besoin de la version définitive du flux, le stockage demandé est donc moins important et la puissance également.

Easy Export

La nouvelle fonctionnalité Easy Export sera sûrement la favorite des monteurs. Elle se trouve dans le menu fichier puis dans partager et remplace la précédente fonction d'exportation via Compressor. Trois principales nouveautés permettront de gagner en flexibilité et en productivité.

Premièrement, il est possible de définir plusieurs profils différents : Web iPod, AppleTV, DVD, Blu-ray, directement depuis Final Cut Pro sans avoir à lancer Compressor.

Deuxièmement, vous pouvez désormais planifier la compression de chaque tâche de manière plus précise que dans la précédente version de Compressor. Vous pouvez par exemple simplement en cliquant sur un bouton publier la vidéo sur MobileMe en fin de compression, l'importer sur iTunes et la transférer vers l'AppleTV, la publier directement sur YouTube, ou encore graver un DVD ou un Blu-Ray directement depuis Final Cut Pro sans avoir à ouvrir DVD Studio Pro. Vous avez bien lu, vous pouvez désormais graver directement un Blu-ray même si Apple ne propose aucun graveur Blu-Ray dans ses machines. Il faudra opter pour un graveur d'un constructeur tiers. Heureusement, il est possible de graver le contenu AVCHD d'un Blu-ray sur un DVD qui sera lu normalement dans un lecteur Blu-ray.

D'ailleurs, DVD Studio Pro ne supporte toujours pas le Blu-ray et la gestion du format haute définition se fait uniquement depuis Final Cut Pro. Sachant qu'Adobe publie un logiciel d'édition de Blu-ray compatible avec les Mac Intel depuis plus de deux ans. Cette fonctionnalité commence à faire cruellement défaut à la suite d'Apple.

FinalCutPro-export

Troisième point fort, toutes ces tâches sont réalisées en arrière-plan. Il est donc tout à fait possible de continuer à travailler pendant le traitement de l'exportation des flux vidéo. Evidemment, les vidéos exportées ne tiendront pas comptes des changements effectués pendant ce temps. Si ce n'est pourtant qu'un détail, cette fonctionnalité évite de rester assis devant son Mac en attendant que l'export soit terminé, elle permet de continuer de travailler.

iChat Theater

Le nouveau iChat Theater sera rapidement indispensable pour tous les monteurs et les réalisateurs qui travaillent à distance. Désormais, iChat permet de partager le montage final directement sur la fenêtre de discussion avec en prime l'affichage du Time Code (indicateur temporel) et l'image de la webcam en surimpression. Le montage se fait alors en direct sur iChat et votre interlocuteur peut suivre l'évolution en temps réel. Cette fonctionnalité était déjà disponible avec les précédentes versions de Final Cut Pro mais il fallait passer par un encodeur DV sur un second Mac. Aujourd'hui, Final Cut Pro 7 prend tout en charge.

fcpvideochat_original

La fenêtre d'iChat permet de partager en temps réel le montage.

fcpvideochat2_original

Voici la fenêtre vue par le client

Evidemment, le bon fonctionnement dépend de la vitesse de la connexion Internet. Avec une connexion ADSL, cela ne pose absolument aucun problème et il est donc possible de suivre le montage en temps réel.

L'outil pour varier la vitesse évolue

L'outil de modification de la vitesse reçoit une nouvelle interface plus pratique qui permet d'indiquer l'entrée et la sortie de la modification de vitesse afin de n'appliquer ce changement que sur une partie du film. L'avantage ici, c'est que la synchronisation audio est conservée sur toute la séquence. Autre nouveauté, les images clés sont visibles dans la timeline et un graphique indique la distorsion de la vidéo. Malheureusement, le module de modification de vitesse n'utilise pas la technologie Optical Flow d'Apple qui permet de rendre les images plus fluides. Vous avez toujours la possibilité d'éditer la séquence avec Motion pour un meilleur rendu et un contrôle plus fin.

Réglage-vitesse

Quelques autres nouveautés

Le support natif du AVC-intra : Final Cut Pro 7.0 supporte maintenant l'édition du format AVC-Intra ce qui permet d'importer et d'éditer directement ces fichiers sans avoir à les convertir vers un codec ProRes au préalable.

Transition Alpha : ces transitions exploitent une animation graphique afin de créer des transitions dynamiques avec des caches mobiles. Il est possible d'insérer plusieurs effets de transitions afin d'améliorer les effets.

Nouvelle fenêtre de TimeCode : disponible auparavant sous forme de plugin payant, il est désormais possible d'afficher le TimeCode dans une fenêtre flottante.

Marqueurs améliorés : il est désormais possible de classer les marqueurs de séquence et de plan par code de couleur, de leur donner un nom spécifique et de les retrouver via le moteur de recherche ou encore d'ajouter des informations.

Transferts automatiques : les vidéos P2 et XDCAM peuvent désormais être copiées dès qu'elles sont détectées. Les métadonnées sont ajoutées automatiquement via une nouvelle fenêtre de transferts.

Nouveau "Lister et transférer" pour le Redcode : le codec Redcode utilisé par la caméra RedOne permet d'enregistrer 30 ips en RAW avec une résolution de 4 096 x 2 304 pixels en 16:9 et 4 096 x 2 048 en 2:1 ou encore 120 ips RAW en 2 048 x 1 152 ou 2 048 x 1 024 pixels. La nouvelle fonctionnalité "Lister et transférer" permet de récupérer le fichier directement depuis le disque dur de la RedOne sans avoir à le convertir. Malheureusement, il est impossible de redimensionner les vidéos RedCode vers du 1 920 x 1 080. il faudra passer par les outils fournis par Red.

Enfin, le nouveau Final Cut Pro améliore la gestion des textes et des sous-titres, ajoute la possibilité de modifier plusieurs transitions, perfectionne la gestion des onglets et des marqueurs, supporte la gestion des trackpads multitouch et introduit une nouvelle version de Cinema Tools qui permet de contrôler la relation entre les images film et les images vidéo correspondantes.

Des améliorations efficaces

L'optimisation des fonctions existantes associées à de nouveaux outils permet à Final Cut Pro 7.0 d'améliorer encore un peu la productivité des réalisateurs. Le nouveau codec ProRes 4444 permet d'atteindre un niveau de qualité impressionnant sans avoir à investir une fortune dans de nouveaux disques durs et un système supportant une importante bande passante. Le nouveau module de Partage permettra de gagner du temps alors qu'iChat Theater réconciliera les réalisateurs et les producteurs avec le télétravail. Bien sûr, le support du Blu-Ray, bien que limité, est tout de même bienvenu.

L'équipe de Final Cut a pris en compte les requêtes des utilisateurs en mettant l'accent sur l'intégration des nouvelles fonctionnalités et le gain de productivité. Malheureusement, quelques problèmes subsistent depuis la version 6.0 comme la prise en charge correcte des fichiers Open Format Timeline et leur manipulation ou encore le traitement RVB toujours limité à une précision de 8 bits alors que le nouveau codec ProRes 4444 atteint une précision de 12 bits. Pour Apple, le Y'CbCr en 32 bits flottant semble suffisant. Enfin, si Apple précise que Final Cut Pro 7.0 tourne mieux sous Snow Leopard, l'utilisation du nouveau système d'exploitation d'Apple n'apporte pas de nouvelles fonctionnalités.

Conclusion

Avec son logiciel Final Cut Pro, Apple dispose d'un véritable outil performant qui ravira les monteurs et les réalisateurs. Cette nouvelle version permet de gagner encore un peu plus en qualité et en productivité. Le nouveau procédé Easy Export, baptisé Partage en français, qui facilite les conversions tout en continuant à travailler et les nouveaux codecs ProRes justifient à eux seuls le prix de la mise à jour. Evidemment, les quelques oublis d'Apple sont un peu agaçants, mais se font rapidement oublier. Au final, Final Cut Pro 7.0 s'impose comme une référence dans le domaine et les professionnels passeront sans hésiter à cette nouvelle version.


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