Mac OS X Lion : le test complet

Publié le 29 juillet 2011 , par Tanguy Andrillon - mis à jour le 29 juillet 2011 à 13h - dans Mac - Mots clés : Mac OS X Lion, test

Avec Mac OS X Lion, Apple se propose de réunir le meilleur des deux mondes, iOS et Mac OS X. Pari réussi ?

Durant les 10 dernières années, Mac OS X s'est imposé comme un véritable système grand public. Au début, mélange de Mac OS et de NextStep, le système a su évoluer , corriger ses imperfections et même améliorer grandement son moteur interne avec Snow Leopard. Mais voilà, un nouveau venu à quelque peu perturbé l'évolution du système d'exploitation d'Apple : l'iPhone. Le téléphone d'Apple a changé la donne et a obligé les ingénieurs de la société californienne à peaufiner le système d'exploitation mobile des iPhone, iPad et iPod touch dorénavant baptisé iOS.

Avec Mac OS X Lion, Apple a donc essayé de tirer parti du meilleur des deux mondes en reprenant les bases de Mac OS X et en ajoutant un soupçon d'iOS. Reste à savoir si Apple a réussi son pari de rendre OS X accueillant pour les utilisateurs d'iPhone tout en conservant ses spécifités pour les utilisateurs avertis. C'est que nous allons essayer de voir ici.

Mac OS X Lion marque sa différence

Avant même d'avoir démarré Lion, le nouveau système d'exploitation est déjà différent, tout simplement parce que cette mise à jour n'est disponible que via le Mac App Store pour un prix de seulement 23,99 euros. Après avoir téléchargé les quelque 3,8 Go du fichier d'installation, ce qui peut prendre plusieurs heures chez certains, mais qui ne nous a pris que 12 minutes (merci la fibre optique), l'installateur de Mac OS X Lion se retrouve dans le dock. Un double-clic plus tard, l'installation est déjà lancée.

Il y a quelques années, il fallait se rendre dans une boutique ou commander Mac OS X en ligne sous la forme d'un DVD. Avec Lion, l'installation peut se faire sans bouger de chez soi d'autant plus que le prix est très abordable. Si l'on met de côté Snow Leopard, les précédentes mises à jour de Mac OS X étaient tout de même facturées aux alentours des 130 euros. On ne peut que constater qu'Apple a fait un sérieux effort sur le prix, probablement pour inviter les utilisateurs à découvrir le Mac App Store.

Malgré tout, télécharger un système d'exploitation de plusieurs gigaoctets via Internet peut s'avérer pénible, surtout avec une ligne ADSL médiocre ou pire avec un quota de téléchargement. Ce n'est pas le cas en France, mais dans certains pays comme la Belgique, les quotas existent toujours. Une autre question se pose également : comment réinstaller Mac OS X Lion sur un nouveau disque dur en cas de plantage ? ou encore sur une machine ne disposant pas de Snow Leopard, obligatoire pour accéder au Mac App Store ?

Les utilisateurs qui ne disposent pas d'une connexion Internet haut débit peuvent toujours se rendre dans une boutique Apple où les techniciens se chargeront d'installer Mac OS X Lion gratuitement. De plus, Apple commercialisera une clé USB avec Mac OS X Lion dans le courant du mois d'août pour 59 euros.

Pour la réinstallation complète sur un disque dur vierge, Apple ne fournit pas les outils qui permettent de graver facilement une image de Mac OS X Lion sur un DVD ou encore de transférer l'installeur sur une clé USB. Évidemment, des méthodes qui permettent d'extraire l'image disque de l'installeur de Mac OS X Lion existent bel et bien, mais Apple n'en parle pas. Installer Mac OS X Lion sur une machine vierge s'avère donc plus compliqué qu'avec Snow Leopard, mais en contrepartie, l'installation et la restauration de Mac OS X Lion sont beaucoup plus faciles pour le grand public.

La bonne nouvelle, c'est que la licence Apple autorise l'installation de Mac OS X Lion sur tous les Mac de la famille pour le même prix. Vous pouvez ainsi copier l'installeur de Mac OS X Lion sur une clé USB ou un disque dur et le transférer sur les autres machines, c'est parfaitement légal.

Lion : une nouvelle gestuelle

L'utilisation de plusieurs doigts sur le pavé tactile n'est pas vraiment nouveau puisque la gestuelle Apple existe depuis 2005 avec l'arrivée du défilement vertical à deux doigts sur les PowerBook, mais il est vrai que depuis l'arrivée de l'iPhone en 2007, Apple a mis les bouchées doubles : tout d'abord en 2008 avec un nouveau pavé tactile en verre multitouch sur les MacBook Pro puis l'année dernière avec l'arrive d'un pavé tactile de bureau : le Magic TrackPad. Avec Lion, Apple a été encore plus loin en mettant la gestuelle au centre du système.

Certains utilisateurs, notamment ceux de Macbook, sont déjà bien habitués à la gestuelle Apple : le défilement vertical à deux doigts ou encore la navigation à trois doigts sous Safari par exemple. Sous Snow Leopard, les quatre doigts sont également utilisés pour activer Exposé (vers le bas) ou dévoiler le bureau (vers le haut). Cette dernière, par ailleurs très pratique pour les gens qui stockent les fichiers sur le bureau, a été modifiée sous Lion puisqu'il faut désormais écarter le pouce des quatre autres doigts. Il n'est malheureusement pas possible de revenir à l'ancienne configuration.

Certains gestes sont relativement faciles à utiliser puisqu'ils sont à la fois intuitifs et déjà utiliser par iOS comme le zoom en écartant deux doigts ou la rotation avec deux doigts, mais d'autres sont beaucoup moins évidents comme pincer ou écarter le pouce et trois doigts, le zoom intelligent en tapotant deux fois à deux doigts ou encore le double tap à trois doigts sur un mot pour afficher sa définition.

Le plus gros changement pour les utilisateurs de Mac OS X viendra de la gestion du défilement. Par défaut, le défilement est inversé. En effet, Apple a repris le concept du défilement sur iPhone qui consiste à faire glisser une feuille : lorsque l'on déplace les doigts vers le haut, le défilement se fait vers le bas. Autant vous dire tout de suite que si ce défilement est naturel sur les périphériques iOS, il est très inconfortable pour un initié de Mac OS X. Heureusement, il est possible d'inverser le sens afin de retrouver le sens de défilement classique. Selon Apple, il faut trois à quatre jours pour s'habituer à ce nouveau type de défilement.

scrollbars-246065Avec deux doigts, il est également possible de naviguer dans les documents alors qu'il fallait auparavant utiliser trois doigts. Idem pour Safari. D'ailleurs, dans Safari, la navigation "suivant" et précédent" qui se fait à l'aide des deux doigts déclenche une animation du plus bel effet qui donne l'impression que les pages se superposent. Safari conserve d'ailleurs un historique assez poussé de navigation afin de maintenir cet effet particulier. Chose étrange, il disparait lorsque la navigation à trois doigts est activée.

Avec  tous ces changements, Apple rapproche clairement Mac OS X d'iOS, ce qui ne manque pas de faire grincer des dents les amateurs de Mac. Actuellement, le changement de sens du défilement n'a pas vraiment d'intérêt, mais peut-être qu'Apple prévoit d'autres choses comme des applications universelles Mac et iOS. Si aujourd'hui elle n'est pas justifiée, cette homogénéité est probablement nécessaire pour l'avenir.

D'ailleurs, l'une des choses les plus marquantes est l'absence de la barre de défilement. Celle-ci n'apparait désormais que lors du déplacement du contenu, puis disparait. Historiquement, la barre de défilement était présente pour se déplacer dans un document volumineux. On déplaçait la barre et les machines, plus lentes, chargeaient ensuite le contenu de la page. Aujourd'hui, les ordinateurs affichent le contenu en temps réel et le défilement, même d'une grande page se fait instantanément grâce au défilement avec inertie. La barre de défilement n'a donc plus de raison d'être, elle a d'ailleurs été oubliée depuis longtemps pour tous les utilisateurs de MacBook. Rassurez-vous tout de même, elle peut-être réactiver dans les préférences générales.

Mission Control : le nouvel Exposé

En dix ans, Mac OS X a introduit plusieurs manières de gérer les fenêtres devenues trop nombreuses sur l'écran. En 2003 avec Panther, Apple intègre Exposé qui permet d'afficher toutes les fenêtres ouvertes à l'écran. En 2005, Mac OS X Tiger 10.4 intègre le tableau de bord regroupant de petites applications baptisées Widgets et enfin en 2007, Apple a ajouté Spaces à Leopard qui permettait de gérer plusieurs bureaux virtuels.

Mac-OS-X-Lion-Mission-Control

Mission Control : un savant mélange de Spaces et Exposé

Avec Lion, Apple a tout simplement combiné ces trois fonctions au sein de Mission Control. Lorsque vous activez Mission Control en cliquant sur l'icône dans le dock, en appuyant sur la touche F4 ou en glissant trois ou quatre doigts vers haut, vous allez à première vue voir une copie conforme d'Exposé. Mais les choses sont plus subtiles. En haut, vous retrouverez tous les espaces "Spaces" ouverts ainsi que toutes les applications plein écran et le tableau de bord. Pour créer un nouveau bureau virtuel, rien de plus simple, vous déplacez les fenêtres que vous souhaitez ou directement l'icône de l'application en haut à droite de l'écran et Mission Control crée un nouvel espace. Il est également possible de déplacer d'un élément d'un espace à un autre. En revanche, il est impossible de modifier l'ordre. Le déplacement de trois doigts vers la droite ou la gauche permet de passer d'un bureau virtuel à un autre, mais cela inclut également les applications plein écran.

Dans Mission Control, il est possible d'avoir un aperçu de chaque fenêtre en appuyant sur la barre espace et également d'éclater les fenêtres d'une même application en écartant le pouce des trois autres doigts. Au final, Mission Control est une bonne évolution d'Exposé avec encore un peu plus de cohérence apportant en plus la gestion des bureaux virtuels et des applications plein écran.

Le plein écran : retour en arrière ?

L'une des grandes nouveautés de Lion, c'est l'arrivée du mode plein-écran, qui sera accessible pour toutes les applications, dès lors que les logiciels seront mis à jour. Pour l'instant, uniquement disponible dans les applications Apple (iPhoto, iMovie, iWork, iCal, Safari, Mail, etc.), le mode plein-écran s'active grâce à un nouveau bouton présent en haut à droite de la fenêtre. L'application s'invite alors sur tout l'écran tandis que toutes les autres fenêtres restent sur le bureau. La barre des menus et le Dock disparaissent et pour Mission Control, l'application devient un bureau virtuel à part entière ne contenant que cette application. Pour quitter le mode plein écran, il suffit d'amener la souris sur le haut de l'écran afin de faire réapparaitre la barre des menus puis de cliquer sur le bouton en haut à droite.

Cette nouvelle approche d'Apple est plutôt étrange. Évidemment, c'est un héritage direct d'iOS qui gère les applications de façon individuelle, mais c'est également un retour en arrière, à une époque où les ordinateurs ne pouvaient gérer qu'un seul logiciel à la fois. Cela rapproche aussi beaucoup Mac OS X de Windows qui a également une approche unique de la fenêtre, là où Mac OS X a toujours été un embriquement de petites fenêtres.

Le succès du mode plein écran dépend au final essentiellement de l'application utilisée. Par exemple, l'exploitation d'iCal en plein écran n'a pas vraiment d'intérêt. En revanche, sous GarageBand, cela créé un effet tunnel et permet de rester concentrer sur la musique et la création. Idem pour iPhoto. Le mode plein écran peut également s'avérer très pratique d'un point de vue technique sur les petits écrans comme avec Mail ou Safari sur un MacBook Air 11 pouces par exemple.

Mac-OS-X-Lion-Safari-plein-ecran

Voici le parfait exemple de la perte d'espace de Safari en mode plein écran. En revanche, ce nouveau est parfait pour le client Mail sur un ordinateur portable.

Sous Safari, le mode plein n'est pas vraiment exploité puisque la plupart des sites web disposent d'une largeur de page maximale ce qui se traduit en pratique par beaucoup d'espace perdu en mode plein écran. À l'heure actuelle, il est utile pour certains logiciels Apple notamment pour Mail qui peut être glissé dans un bureau virtuel et ainsi être accessible facilement à l'aide du nouveau balayage latéral à trois doigts.

Il est utile de noter que le plein écran a été conçu pour les configurations exploitant uniquement un seul écran, ce qui est dommage. Lors de l'utilisation de deux moniteurs, le premier écran affiche l'application en plein écran alors que le second se contente de l'arrière-plan du bureau... Il est impossible de faire fonctionner deux applications en plein écran en même temps.

Enfin, petite précision, l'application Maximizer permet d'utiliser le plein écran sur toutes les applications.

Launchpad : une touche d'iOS

La fonction Launchpad est probablement celle qui est le plus inspirée d'iOS puisqu'elle se résume tout simplement à regrouper toutes les applications du système sur une grille. Comme sur la plateforme mobile d'Apple, il est possible de déplacer les icônes des applications, de créer un dossier en superposant deux icônes ou bien encore de supprimer une application. Le Launchpad peut s'ouvrir via son icône dans le Dock, via la touche F3 ou encore en rapprochant le pouce et trois autres doigts.

Apple affiche toutes ses applications sur la première page alors que les autres applications sont sur la seconde page et les suivantes classées par ordre alphabétique. Toute nouvelle application téléchargée sur le Mac App Store viendra se placer en bout de liste comme sur iOS.

Mac OS X Lion Launchpad

Si Launchpad regroupe toutes les applications du système, leur organisation est aussi compliquée que sous iOS et pas vraiment adaptée à un ordinateur.

Le Launchpad est donc parfait pour les débutants ou les amateurs d'iOS qui auront ainsi un accès rapide à toutes les applications du système. Pour les autres, l'organisation du Launchpad est finalement aussi compliquée que celle sur iOS avec un nombre incalculable de clic et de déplacements pour mettre toutes les applications concernées dans les bons dossiers, d'autant plus que Launchpad affiche bien toutes les applications du système même les petits scripts AppleScript perdus au fond d'un sous-dossier.

Au final, Launchpad sera utile pour ceux qui arrivent sur Mac et qui comptent faire leur achat sur le Mac App Store. Pour les autres, il quittera probablement rapidement le Dock et les raccourcis associés seront rapidement désactivés.


Dernières réactions

loulnux - le 29/07/11 à 15:36
Mouai
Leborde - le 29/07/11 à 15:51
Jolie la photo.
Guibo - ( 1 approbation ) - le 29/07/11 à 16:31
Merci pour ce test très agréable à lire.

Testé dans un Apple Store, LE truc qui m'a choqué avec Lion c'est le sens du défilement ! Et à mon sens c'est surement pas en 3-4 jours comme Apple le prétend qu'on peut s'habituer.

A part ça l'OS est très attrayant et laisse effectivement une agréable sensation de fluidité.

Comme toujours, je laisse quelques fougueux essuyer les plâtres avant de l'installer ^^
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