L'un des principaux éditeurs d'antivirus sur PC arrive sur Mac. Son argument est de protéger non seulement l'ordinateur mais aussi le réseau auquel il est connecté.
Quatrième éditeur mondial de solutions antivirus, Kaspersky vient d'arriver sur Mac. Il rejoint ainsi Symantec, McAfee ou Intego. Lors de notre récent test du logiciel gratuit iAntivirus, nous nous étions déjà interrogés sur la pertinence de protéger le Mac. De nouvelles menaces seraient-elles apparues depuis ?
Non, mais le Mac gagne toujours des parts de marché et, grande première, depuis sa dernière version Snow Leopard, Mac OS X sait détecter des logiciels malicieux dans les fichiers téléchargés ou reçu par mail (Apple n'a cependant identifié pour l'heure que deux menaces). Le sujet des virus n'est donc plus tabou chez Apple, et on peut même lire sur la page internet liée à la sécurité "qu'aucun système ne peut offrir de protection absolue contre toutes les menaces, les logiciels antivirus constituent une protection supplémentaire."
Kaspersky en profite pour enfoncer le clou, estimant que le Mac est une passerelle ouverte qui laisserait passer toutes sortes de logiciels malveillants aux PC d'un même réseau. Sans avancer de chiffres, l'éditeur dit aussi que les menaces spécifiques au Mac auraient augmenté ces dix derniers mois. Il faut bien être un peu alarmiste pour lancer un antivirus, payant de surcroît...
Interface spécifique
Le nouveau venu se vante d'avoir une interface spécifique pour ne pas dépayser les utilisateurs de Mac. La fenêtre principale ressemble plutôt à un poste de pilotage issu du monde du jeu vidéo.
Sobre, elle ne contient que trois boutons, qui ne sont pas très explicites pour autant. Le premier sert à mettre à jour les définitions de virus (au moins tous les jours automatiquement par défaut), le second à lancer une analyse et le troisième à accéder à sa licence pour vérifier sa date d'expiration. Une image ronde donne aussi visuellement la " météo " de l'analyse. Dans la barre des menus, une icône permet d'ouvrir la fenêtre principale et d'accéder aux préférences.
Une fois installé, Kaspersky fonctionne tout seul en tâche de fond pour désinfecter l'ordinateur en temps réel. Il vérifie les courriers électroniques, les documents téléchargés sur le web, ainsi que les dossiers partagés sur les machines virtuelles. Que se passe-t-il si un virus est détecté (rassurez-vous tout de suite, cela ne nous est arrivé qu'avec des fichiers destinés à tester les antivirus) ? Une fenêtre s'ouvre accompagnée d'un rugissement de lion ! Pratique : le nom de la menace est affiché avec un lien renvoyant sur une base de données détaillant sa nature. L'utilisateur a alors le choix entre trois actions : ignorer le fichier, le supprimer ou le réparer. Si Kaspersky ne peut le réparer, le fichier est automatiquement supprimé. Des notifications Growl apparaissent à chacune des étapes.
Kaspersky détecte les virus, les vers, les trojans et autres botnets sur le disque dur principal et les disques réseaux — le logiciel ne contient pas en revanche de pare-feu, d'anti-spam ou d'anti-phishing. Sa base de données est riche, et pour cause : elle est identique à celle installée sur le logiciel pour Windows (le moteur de recherche est lui aussi identique). Les plus de trois millions de signatures de logiciels malicieux doivent ici servir non pas à protéger le Mac mais à éviter qu'il n'infecte des PC. L'idée est que comme 85 % des utilisateurs de Mac possèderaient aussi un PC sous Windows, il faut protéger son réseau, ses fichiers partagés et ses emails.
Peu gourmand
Malgré cela, cet antivirus se veut peu gourmand en ressources et non-intrusif au quotidien. Outre le fait qu'il soit optimisé pour les machines multicœurs, Kaspersky s'adapte aux ressources disponibles. En veille, il ne consomme pas plus de 1 % du processeur. Lorsqu'on lance une analyse, il peut accaparer toutes les ressources, mais diminue son activité dès qu'on lance d'autres logiciels. Dans la pratique, cela fonctionne bien : nous n'avons noté aucun ralentissement en utilisant des applications gourmandes en parallèle d'une analyse complète.
Il existe plusieurs types d'analyses que l'on peut lancer manuellement. L'analyse " express " prend cinq minutes environ. Elle inspecte par défaut le bureau, le dossier Documents, les téléchargements et une partie de la bibliothèque. Il faut une bonne heure pour une analyse complète. Il est enfin possible de n'examiner que certains fichiers ou dossiers. Chacun de ces trois types d'analyses est paramétrable à loisir.
A la fin de l'analyse, il est possible d'accéder à un rapport complet qui est ensuite archivé. Ces tests sont programmables à n'importe quelle fréquence.
A l'usage, Kaspersky ne demande pas d'intervention. Il suffit de définir son niveau de protection dans le panneau de préférences (pour la protection générale et pour les analyses). Ceux-ci sont au nombre de trois : " recommandé ", " vitesse maximale " et " protection maximale ". On peut affiner avec différents paramètres : l'analyse exhaustive de tous les fichiers, des archives, des documents joints ; définir les disques durs à examiner ; définir des " zones de confiance " que l'antivirus n'examinera pas, etc.
Un bon investissement ?
Et combien tout cela coûte-t-il ? Avec un an de mises à jour, il faut compter 39,95 €. Il est agaçant de constater que la parité euro/dollar est de un pour un : le logiciel est vendu 39,95 $ outre-Atlantique. Il est aussi agaçant de voir que c'est 10 € de plus que pour la version PC. Et pour en finir avec le registre des doléances, il faut rajouter 5 € pour avoir le droit de télécharger le logiciel pendant un an, car par défaut ce n'est possible que pendant 21 jours. Si vous hésitez, vous pouvez en tout cas le tester pendant un mois gratuitement, sachant que la version de démonstration est fournie avec un logiciel de désinstallation.
Une somme donc pour un outil dont l'utilité sur le Mac reste à démontrer. Est-ce le prix à payer si l'on veut prendre soin de ses voisins mal protégés sous Windows ?
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Faites pas trop les malins...Il est bientôt là le jour où, victimes de leur succès(?), les MAC seront la cible privilégiée des pirates en tout genre !!!
Par contre, ça devrait effectivement bientôt être rentable de développer du malware pour Mac, d'autant plus que sur pas mal de points, OS X est moins sécurisé que Windows.
Mais un jour ils y gouteront tôt ou tard.