Pour désamorcer la crise, Apple a ouvert ses laboratoires de tests.
Suite à la conférence de presse sur les problèmes liés à l'iPhone 4, Apple a convié onze journalistes à visiter les locaux de la société et plus particulièrement les laboratoires d'essais permettant d'effectuer les différents tests de réception et d'émission sur les périphériques sans fil. Preuve de l'ampleur de l'affaire, c'est un moment privilégié pour les invités puisqu'aucun journaliste n'avait jusqu'ici pu mettre les pieds dans ces pièces et la plupart des employés Apple ne sont même pas au courant de leur existence. Notre collègue Jason Snell, rédacteur en chef de Macworld.com, faisait partie des journalistes invités. Il écrit :
Le but de cette visite est clairement de montrer qu'Apple prend le problème d'antenne très au sérieux et que de nombreux tests ont été réalisés avant la commercialisation du téléphone.
Il décrit le laboratoire comme extrêmement sécurisé. L'ingénieur Ruben Caballero spécialisé dans les antennes et les signaux sans fil précise d'ailleurs que le laboratoire est baptisé le "Black Lab" (labo noir) à cause des draps noirs qui recouvrent toutes les tables, "même les employés d'Apple ne peuvent pas voir ce que nous testons ici", dit-il.
L'ingénieur poursuit : c'était plutôt simple à l'époque, il n'y avait qu'une antenne et une seule fréquence. Aujourd'hui, les téléphones ont une antenne intégrée, gèrent quatre fréquences GSM, quatre fréquences UMTS, sans parler du Wi-Fi, du Bluetooth et du GPS qui doivent fonctionner en même temps, envoyant et recevant des données.
Les 16 chambres anéchoïques utilisées par Apple pour tester les périphériques sans fil disposent de caractéristiques différentes. Tous les murs sont recouverts de mousse en fibre de carbone permettant d'absorber les ondes et de limiter leur réflexion sur les murs, tandis que les portes sont également en fibre de verre recouverte de cuivre afin de créer une véritable cage de Faraday. Une salle contient par exemple un bras rotatif sur lequel est placé le périphérique à tester afin de mesurer ses performances brutes en terme d'émission et de réception. Dans une autre salle, le téléphone placé au centre de la pièce et tourne à intervalles réguliers, tout comme les murs. Ici, une antenne est placée à l'extérieur et une autre à l'intérieur afin de mesurer précisément les performances de l'appareil. Dans cette salle, Apple utilise également des parties du corps synthétiques remplies d'eau ou bien des ingénieurs.
Enfin, la dernière salle que les journalistes ont pu visiter est baptisée "StarGate". Elle permet, là encore, de mesurer précisément les performances d'un téléphone à 360°, mais ici avec une personne tenant le téléphone en main en simulant des conditions réelles d'utilisations. L'ingénieur a également précisé qu'ils utilisaient des scanners pour mesurer l'activité des composants de l'iPhone sans avoir à altérer les résultats des tests. De plus, chaque test est réalisé pendant au moins 25 heures.
En sortant du bâtiment, Bob Mansfield a rajouté : "Cela peut vous donner une idée du temps, de l'énergie et des ressources que nous mettons en œuvre. Il n'y a pas d'autres manières de créer de bons produits. C'est de l'ingénierie pure. Si c'était si simple, nous n'aurions pas besoin de tout ça."
Avec cette opération de communication savamment orchestrée, Apple a tout de même prouvé qu'il avait effectivement des ressources impressionnantes en matière de technologie sans fil et qu'il n'a pas pu passer à côté du problème de réception. Celui-ci faisait donc partie du cahier des charges en quelque sorte. L'antenne externe amène probablement une bien meilleure réception lorsque l'appareil est en veille et permet alors de préserver la batterie, aux dépens de l'utilisation réelle qui souffre du contact avec la main.
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus encore, Apple a mis en ligne une page dédiée à ses laboratoires.
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